je dois dire que je trouve ce titre un peu pompeux, mais rien d'autre ne met venu.  Il y avait bien "la joie me donne envie de remercier et remercier me donne de la joie" mais niveau concision, ça n'était pas top.

tant que j'y suis, je voudrais d'abord préciser un truc : ce que j'écris ici, ce sont des partages des choses que j'ai expérimentées, vécues, comprises au cours de ces huit dernières années.  Cela m'appartient, c'est mon chemin, ma vérité, mon expérience et en aucun cas une Vérité Universelle.  J'ai tendance à penser qu'il existe autant de vérités que d'êtres humains sur terre, et autant de points de vue qu'il y a de points sur la circonférence d'un cercle.

Je présente aussi une grosse allergie aux dogmes.  C'est rédhibitoire.  Les dogmes m'occasionnent un retroussement des lèvres pour montrer les crocs et des poussées de grognements dans le gosier. La femme grizzly que je suis n'aime pas qu'on lui dise :"c'est ainsi et pas autrement".  C'est le genre de phrase qui me donne juste envie de faire le contraire, de voir si, justement, y aurait pas moyen de faire autrement.  Y a pas à tortiller, ma nature est ainsi faite.

En gros, ce que j'écris n'est pas parole d'évangile.  Et ce n'est pas parce que je parle d'Ayahuasca que j'invite tout le monde à aller s'en envoyer une lampée, au contraire ! Ce sont des pistes, des trucs qui fonctionnent pour moi.  Un chemin de vie n'est pas l'autre, et rien n'indique que ce qui a fonctionné pour moi fonctionnerait pour quelqu'un d'autre.  Ou qu'il le vivrait de la même façon.  Ou que ça lui ferai le même effet.

Si je devais jeter tout ce que j'ai appris jusqu'ici et garder seulement deux choses, ce serait : "expérimente" et "fais comme tu le sens".

Le travail perso que j'ai choisi d'entreprendre en 2008 m'a permis de venir à bout ou presque de la majorité de la batterie de cuisine que je traînais en fait de casseroles depuis l'enfance : peur de l'abandon, du rejet, peur de vivre, peur d'aimer et d'être aimée, manque de confiance en moi....la liste n'est pas exhaustive.  Grosso modo, cinquante ans d'une vie passée dans l'attitude du lapin figé dans les phares d'une voiture...pour l'heure, si mes peurs ont encore parfois l'un ou l'autre sursauts, elles ne m'empêchent plus de vivre.

Ce travail m'a permis de rencontrer ma famille d'âme, de rencontrer une forme de pensée, de spiritualité qui me convient, construite et inventée  jour après jour par mes soins et donc, de ce fait, non figée dans le temps et l'espace.  J'y trouve aussi, petit à petit, pas après pas, celle que je cherche depuis toujours : moi même.  Et ça, c'est le plus cadeau que je puisse me faire. Je remercie l'Univers tous les jours de me permettre de vivre ça.

Pour ce qui est des aspects de moi dans le quotidien (pour ceux qui ne me connaissent pas "en vrai" ), autant à l'intérieur je me sens de plus en plus femme, autant à l'extérieur, je trouve que j'ai la féminité d'une vache en tutu. ça me convient comme ça.

De la même façon, je me sens plus proche de la mentalité et du physique de Nounou Ogg* et de Soeur Marie Thérèse des Batignolles* (poils aux pattes et au menton compris) que de Ste Thérèse d'Avila, par exemple.

Je suis capable de flaner des heures dans une librairie, et quasi incapable d'en ressortir sans un bouquin ou l'autre sous le bras.

Je suis fascinée par les vitrines de coutellerie. J'ignore pourquoi mais c'est ainsi, la vue d'un bon vieux coupe chou de barbier me fait monter des piccotis dans les mains, de la bave aux lèvres et la sensation physique de l'effet que fait une lame qui glisse sur une gorge pour la trancher. C'est d'ailleurs ma scène préférée dans "Braveheart". Je vous le concède, c'est un peu dégueu....je n'ai pas dis non plus que c'était une sensation agréable....Mais c'est ainsi, c'est une partie de moi, une des facettes qui me composent, et je l'accepte et je l'aime comme les autres. Je suis une femme grizzly, capable avec la même force de faire des confettis de ceux qui l'attaque et de serrer ceux qu'elle aime dans ses grosses pattes.

Et la gratitude et la joie, dans tout ça? Bon, j'ai disgressé, j'ai écris sur tout autre chose que ce que je voulais au départ, mais je jubile, je me suis bien amusée en écrivant et je remercie les femmes qui m'ont glissé cette idée d'écrire  dans la tête parce que cela me procure beaucoup beaucoup de joie.

Pour le reste de ce que je voulais en dire, ça sera pour une autre fois. Ou pas. On verra...En attendant, j'ai un début de mutinerie à gérer : les chats ont faim, et je m'aperçois du coup que moi aussi

à toutes mes relations. je vous aime

Martine

Ps : *Nounou Ogg : sorcière loufoque née sous la plume de Terry Pratchett

       *Soeur Marie Thérèse des Batignolles : personnage de BD de Maester