Ne cherchez pas, vous ne trouverez pas de 2eme essai.  A moins que je ne vous laisse le lire dans mon cahier, ce qui n'est pas prêt d'arriver. Je l'ai écris hier et je ne le partagerai pas ici.

Ce n'est pas une question qu'il est bien ou mal écris ou une affaire dans le genre.  c'est une question de ressenti. j'ai sukkelé comme une malheureuse pour le sortir, et pas moyen de faire autrement que de l'extirper jusqu'au bout, pour un résultat qui faisait : "oui mais non mais c'est pas ça, t'y es presque mais t'es à côté".  Le fait de sortir de l'exercice complètement sur les rotules et avec l'impression d'avoir mentalement essayé d'attraper une savonnette glissante dans le bain de ma conscience m'a confirmé que je n'étais pas sur la bonne route.

Je découvre l'écriture et mon mode de fonctionnement par rapport à elle.  De mes premiers constats ressort ceci : clairement, c'est pas moi qui décides ! Un robinet s'est ouvert et depuis, ça coule...Au niveau des sujets, je ne choisis pas ce dont j'ai envie de parler (pour moi, écrire c'est un peu comme parler mais avec un bic).  Les sujets se présentent et s'imposent. Ou pas.  En gros, à l'intérieur de moi s'est installée une espèce de salle d'attente foutraque où les sujets se pressent devant un minuscule portillon, dans un brouhaha rempli de "j'étais là avant vous, ha non mais c'est mon tour, ho ! c'est mon pieds, là !...." L'ambiance est électrique et faudrait pas grand chose pour déclencher une bagarre.  Je ne me sens pas du tout concernée par la chose. J'ai assez fort à faire quand un sujet, ayant réussi à passer le portillon, parvient à ma conscience.  Il me tient, et ne me lâchera que quand j'aurai réussi à le coucher enfin, et dans la position qu'il a exigée, encore bien s'il vous plaît, sur le papier.

J'ai encore des résistances.  Je refuse (encore, mais cela durera t'il?) de me lever à l'aube et d'attraper bic et cahier avant le p'tit déj ! Non mais ! Je suis une paresseuse de compèt', moi, qui l'hiver venu, s'abandonne, les orteils en éventails, à une hibernation béate.

Tout ou plus j'accepte de laisser venir, d'ébaucher une construction, explorer une piste ou l'autre dans ma tête, bien au chaud sous la couette....Mais quand le moment est là d'écrire, pas question de tortiller du cul.  Ca me prend comme une grosse envie de pisser, faut que ça sorte et hors de question d'arrêter avant d'avoir essorer la dernière goutte.  Z'avez déjà essayé d'interrompre le jet, de vous reculotter et d'aller faire autre chose?  C'est pas possible, ça marche pas.  C'est ce que je ressens depuis que la vanne s'est ouverte à l'intérieur de moi. "laisse couler, chérie, c'est une valse"

J'ai conscience qu'un petit cours de gestion intérieure va m'être nécessaire.  Apprendre à séparer : un temps pour la maturation du texte, un temps pour la vaiselle.  Etre totalement dans la maturation pour pouvoir ensuite être totalement dans la vaiselle.  Si je fais pas ça, je risque de me retrouver rapidement à marcher à côté de mes sabots, et ça, non merci, j'ai donné, je veux plus !  En même temps, ça tombe bien, je suis là pour apprendre ! Ca m'évitera ainsi d'attendre sur le bord du trottoir que le feu piéton passe au vert, de m'apercevoir qu'il est déjà vert parce que la madame en face traverse et de prendre conscience qu'en fait, je révassais, perdue dans un ailleurs où c'était pas le moment de faire du tourisme. Ca m'est arrivé cette semaine et je dois dire que bien ridicule, je me suis sentie...:-)

En attendant, on dirait bien que la savonnette que j'ai posée hier sur le rebord de la baignoire s'est décidée à sécher, je vais pouvoir l'attraper et lui faire son affaire !

Hors donc, la gratitude et la joie. Plus précisément, la puissance des émotions.

En janvier 2011, je me suis retrouvée, par choix perso, célibataire.  Une des raisons de cette décision était que je voulais "apprendre à nager toute seule".  Je n'avais pas trop l'idée de ce que ça voulait dire, mais je sentais que c'était nécessaire pour moi.  J'ai vécu quelques mois d'euphorie totale, liberté retrouvée, calme, sérénité, joie, personne pour me faire un air de chien battu quand je passais du temps avec les copines...pour faire court, un peu la sensation qu'on peut avoir quand, après une dure journée, on largue son soutif.  Il vous vient alors comme un gros soupir de soulagement. Ensuite, l'atmosphère s'est gâtée et les choses sérieuses -et le travail- ont commencés.

Une "amie", en tout cas, ce que je pensais être une amie, m'a envoyé une jolie petite lettre pleine de reproches sur mon orgueil, le fait que je me la pète, que je la prenne de haut etc....bref, elle ne voulait plus me voir.  Avec le recul, je reconnais la part de vérité contenue dans cette lettre, et je la remercie, sans elle, je ne serais peut être pas arrivée là où je suis maintenant.  Sur le coup, j'ai tout perdu : mon amie et les amies qu'elle m'avait amené dans son sillage et je l'ai très très mal vécu.  Elle avait bien appuyé là où ça fait mal : la peur du rejet et de l'abandon, la peur de ne plus être aimée.

je me suis effondrée. La réaction (de survie) que j'ai trouvé a été d'effectuer une retrait stratégique à l'intérieur de ma coquille. J'ai évité soigneusement et dans la mesure du possible tout contact non nécessaire avec d'autres êtres humains en dehors de ceux en qui j'avais la plus stricte confiance : ma fille, mon voisin, et ensuite ma thérapeuthe et le groupe des roues tambour.  J'ai fais ce choix consciemment, volontairement, inspirée par la peur des autres et le désir absolu de ne plus jamais jamais revivre un pareil traumatisme.

Poussée par la peur et le désir  de "plus jamais ça" je me suis cloitrée dans une solitude sécurisante et protectrice. Depuis, j'ai appris à aimer ma solitude et à ne plus me sentir seule avec moi même.  Je me suis construite des ressources intérieures.  Je suis devenue ma meilleure compagne, celle avec qui je ne  suis jamais seule, qui ne me laissera jamais tomber et qui jamais ne me trahira.

Cette période de retrait volontaire et de léchage de plaies a correspondu à un arrêt temporaire pour moi des cérémonies et à la découverte du voyage chamanique.

Le clash avec la copine a eu lieu vers mai 2011.  Juste avant, j'avais reçu deux cadeaux lors de cérémonies précédentes :

La Géante, une énergie féminine que j'ai découverte lors d'une marche en fôret. Elle est apparue (bon, c'est façon de dire hein) sur mon côté droit et je  l'ai ressentie très grande, très forte, très puissante, très aimante, comme une mère bienveillante apparue pour me protéger. Sur ma gauche marchait la joie, sous la forme d'une petite Martine de cinq ans, ravie de la balade !

J'ai noté ceci à propos de la Géante, la traduction d'une chanson que le chaman a chanté ce jour là sous le temazcal

Du coeur au centre et du centre au coeur

Je suis le chemin et je suis la marcheuse

Du centre au coeur et du coeur au centre

Je suis la petite fille et je suis la Géante

Quand je me suis mise au lit chez moi ce soir là, il s'est passé un phénomène que je n'ai pas cherché à analyser.  C'est arrivé, je l'ai vécu et je remercie pour le cadeau. Point barre !

Je lis dans mes notes de l'époque : "le mardi soir,  à la maison, quand je me suis couchée, le tuyau où l'air et la nourriture passe dans mon corps s'est ouvert en grand et la Géante m'a pris par la main, est entrée dans ma bouche et a sauté à pieds joints dans le vide et nous avons chuté jusqu'au premier chakra." Une vision, en même temps tellement réelle et physiquement ressentie dans le corps.

L'horloger : sur l'écran géant de mon crâne s'inscrit la vision d'un énorme mécanisme d'horlogerie. Il est à l'arrêt. La voix silencieuse m'explique : "il est cassé.  C'est réparable.  Moi, je ne peux rien pour toi, trouve toi un horloger."

Cette vision m'a conduite à la découverte de la "Somatic experiencing", et plus tard, par le biais de ma thérapeuthe, de la roue tambour et le voyage chamanique. Le fait que nous soyons un petit groupe de personnes et que je savais que je pouvais être moi même en confiance, sans jugement de la part des autres, m'a aidé pour garder un minimum de contact humain et reprendre confiance. J'étais vraiment dans un trip "les autres? C'est bien de loin et c'est loin d'être bien ! " Depuis, j'ai appris à choisir qui j'accepte de fréquenter, j'ai compris que je n'étais pas, comme je le croyais depuis toujours, asociale, mais juste une solitaire pure jus.  J'apprécie de nouveau les contacts humains sans en abuser et j'ai autant de plaisir à voir des gens qu'à pouvoir être seule avec moi même.

J'ai voulu quitter mon compagnon pour "apprendre à nager toute seule".  Cette période a été pour moi comme un grand cours de natation, avec l'Univers dans le rôle du maître nageur. J'ai appris à ne plus me servir de mes semblables comme des bouées, justes bonnes à me tenir la tête hors de l'eau pour m'empêcher de couler.

Et le pouvoir des émotions, dans tout ça?

En choississant de me retirer prudemment sous ma tente, j'ai entamé, au niveau affectif, une longue traversée du désert.  De plus, étant, astrologiquement parlant, un lion, j'ai été largement pourvue en orgueil et fierté lors de la distribution.  Hors de question pour moi d'aller inonder l'une ou autre épaule de mes larmes. A cela s'ajoutait le souvenir de la voix de ma mère : tu l'as voulu, tu l'as eu, uses le ! et la compréhension intuitive qu'aller chercher chez les autres l'amour, l'affection et la tendresse dont j'avais si soif allait me laisser sur ma faim (si j'ose dire) m'a poussé à chercher des solutions ailleurs. Plus précisément à l'intérieur de moi. Et c'est là que la Géante est venue à mon secours !

En faisant appel à elle, en convoquant tout ce que j'avais ressenti qu'elle avait pour moi, cette force protectrice, cet amour puissant, en re-vivant, en le re sentant (dans le sens sentir à nouveau) chaque fois que nécessaire, dans mon coeur et dans mon corps toutes ces émotions bienveillantes que j'avais éprouvées lors de notre première rencontre et qui étaient maintenant à l'intérieur de moi, je suis arrivée, pas à pas, à me sortir du désert affectif dans lequel j'étais. Petit à petit, sont venus s'ajouter une famille intérieure toujours présente pour me prendre dans ses bras et me caliner. A un moment, c'est même devenu une sensation physique : je sentais qu'on se couchait contre moi, des bras qui m'entouraient, un bisou sur le front...et de grandes bouffées d'amour jaillissaient de mon ventre et de mon plexus.

Avec le recul, je comprend que ça été pour moi la seule façon que j'ai trouvé pour me sauver la vie, j'ai pas de mérite ! :-) et maintenant, je sais que ce que j'ai fais s'appelle "se construire ses propres ressources"

Aujourd'hui, j'en suis au point où je n'ai plus besoin de convoquer la Géante. J'en profite pour la remercier et lui dire que je l'aime.  Quand j'ai besoin, généralement, je fais ça avant de dormir, j'évoque le souvenir de ce que je vais ressentir en faisant l'exercice (beurk pour ce mot ! mais je n'en ai pas d'autres)  Et ça suffit à faire monter une grande bouffée d'amour, qui est à la fois mienne et étrangère à moi.  Cette grande bouffée d'amour suscite en moi en retour une grande bouffée de gratitude et de joie. Ca crée comme un dialogue, ou un cercle, une série d'aller retour.  C'est un peu comme si j'avais, cachée à l'intérieur, une source qui fait la liaison entre une énergie d'amour extérieur et moi et qui nous permet d'échanger, de nous communiquer de l'amour.  J'ai l'intime conviction qu'on est tous bâtis sur le même modèle, avec une source intégrée reliée à une énergie extérieure.  Libre à chacun d'enfiler son costume de sourcier et d'aller réamorcer la pompe !

Une grosse montée de frissons m'indique que c'était CA que cette p...de savonnette voulait que je partage !

à toutes mes relations. je vous aime

Martine

Ps : j'ai appris hier (hier, oui ! ) l'existence de recherches scientifiques sur le pouvoir des émotions.je vous mets une phrase qui résume bien le bazar et les infos que j'ai sur le sujet

"éprouver une émotion reconnaissante de l'effet qu'on a ressenti (ou qu'on veut ressentir)"

gregg Braden :"l'effet Isaïe.  Accéder à la science perdue de la prière et de la prophétie véritable"Ariane 2001

il paraît qu'il existe des conférences de lui sur you tube

Didier Van Cauwelaert : "le nouveau dictionnaire de l'impossible, expliquer l'incroyable" j'ai lu 2016

je n'en sais pas plus et je n'ai pas encore pu aller voir (merci la savonnette ! )