Le loup, l’ourse et le scarabée

J’ai reçu d’un frère loup particulier et particulièrement cher à mon cœur un enseignement si beau, si poétique, si riche, si sage, si dur, que je ne peux faire autrement que de vous le partager. Mon désir profond est que cet enseignement voyage et abreuve d’autres assoiffés.

 

Il existe, dans un désert d’Afrique, un petit scarabée qui subsiste, dans ce lieu d’aridité sévère, en se dressant pour attraper dans le brouillard matinal les quelques gouttes d’eau qui lui sont nécessaire.  Il capte l’eau dans l’air.  Ces quelques gouttes d’eau abreuvent sa soif et surtout, si peu soient elles, lui permettent de continuer à vivre.

 

Il existe également certaines accolades, certains « hugs » où l’on se sent rempli de l’amour fraternel de l’autre, rempli d’une étonnante sécurité, comme une impression d’avoir enfin regagné le port après une vie d’errance.  Et on a envie de se couler pour toujours entre ces bras là.  On a fait connaissance avec la Fraternité du Vivant.

Hélas, tout a une fin. Il faut alors ouvrir les bras et lâcher, accepter de laisser partir l’autre et s’ouvrir à la désespérante possibilité de ne plus jamais vivre, ressentir cela. Et c’est difficile…

 

Devant mon désarroi, moi qui n’avait jamais ressenti une telle force d’amour, ressenti dans mon corps, être traversée, emplie, nourrie par cet amour fraternel intense, pour me consoler et me donner du courage, frère loup m’a raconté l’histoire du petit scarabée.

Il m’a dit ensuite : «Il est juste que cela se passe ainsi pour nous.  Ainsi, nous avons ces épreuves là à vivre.  Que veux tu… ce n’est pas injuste.  Pour ma part, j’ai choyé les gouttes d’eau qui tombaient dans mon désert, aussitôt tombées,  aussitôt disparues.  Mais je savais très bien qu’elles étaient venues et qu’elles avaient fait une petite trace d’eau sur le sable, et ça, c’est une merveille. Voilà.  Courage.

Par analogie avec le monde animal nous pouvons faire la même chose.  Avec nos mondes sensitivo-affectivo-spirituel, oui, sûrement, c’est-à-dire avec sécurité.  Sûrement, ce n’est pas seulement certainement, c’est aussi l’autre sens du mot, en étant assuré. »  Et, faisant allusion à notre état commun de Zèbre, il a ajouté : «  Notre hyper sensibilité sert à quelque chose mais fonctionne autrement que le mode d’emploi classique. »

Et comme je lui disais que j’apprenais à trouver la sécurité à l’intérieur de moi, et que je ne l’avais jamais connue  à l’extérieur de moi, il a continué : « A l’extérieur, il n’y en a pas.  Du moins, pas la véritable.  Oui, il y en a…mais elle a toujours un prix. »

Lui disant ma surprise d’avoir ressenti cette sécurité dans les bras d’un être humain, parce que je ne savais pas, je n’imaginais pas que cela puisse exister, il répondit :

« C’est l’eau de l’insecte qui entre en toi.  Ce sont les moyens de subsistance dont nous avons besoin.  Ce sont les mêmes que les autres, mais les moyens de les obtenir sont autres. »

Finissant le dialogue, il m’a alors conseillé d’aller faire un petit tour avec le scarabée, découvrir ce qu’il avait à me dire, et découvrir ce que l’Univers a donné aux créatures pour que de  leur intelligence réciproque, elles puissent trouver et bénéficier des moyens de vivre.

 

Ainsi donc, il existe des accolades qui abreuvent la soif que l’on peut porter en soi, qui nourrissent notre désert.  Ces gouttes, qui tombent sur le sable et disparaissent aussitôt, laissant à peine une trace sur le sable desséché, ces gouttes, si infimes soient elles, il est nécessaire d’apprendre à les accueillir, à les choyer.  A remercier de les avoir reçus.  Elles nous nourrissent et nous permettent de continuer à vivre, tel le petit scarabée solitaire, assoiffé dans son désert….

Et nul ne sait quand le brouillard descendra à nouveau sur le désert….

 

L’Univers décidera si ce loup et cette ourse partageront une nouvelle accolade, un jour.  Toutefois, ils continueront à dialoguer, à échanger sur tous les sujets qui les passionnent,  abreuvant mutuellement leur intelligence, abordant tous les sujets sans craintes, pour, ensemble, s’émerveiller de la beauté du monde, de la beauté de la création, de la beauté de ses créatures. Apprenant l’un de l’autre, les corps à distance et la main dans la main, séparés et ensemble, ils marcheront leur vie en parallèle.

A mon frère loup

A toutes mes relations

Je vous aime

la Gwen

 

pour rencontrer le petit scarabée :

https://bionique.artbite.fr/Un-scarabee-capteur-de-brouillard.html

avec ma douance pour les arts informatiques, je sais pas si le lien fonctionnera..démerdez vous !

musique de fond : "lost soul" Loreena Mc Kennitt